Carreaux de ciment
Conseils de pose et de traitement en bas de page
27 Couleurs au choix réalisables en 2 épaisseurs( 11 et 16 mm) et 2 formats 10/10 cm et 20/20 cm
De nombreux modèles de décors réalisables dans toutes les couleurs
Quelques modèles
Quelques suggestions d'assemblage
Fabrication des carreaux ciment
Pour fabriquer un carreau, on mélange du ciment, du sable et de la poudre de marbre blanc ou rose. La pâte obtenue est teintée avec différents colorants. Ces matériaux procurent au carreau de ciment une grande solidité. En fait, ce revêtement est durable car il durcit en vieillissant: à chaque lavage, l'eau forme une pellicule d'hydrate de chaux, qui devient de plus en plus dure tout en restant invisible. Cette transformation chimique permet aux carreaux de traverser les âges sans subir aucun dommage.
UNE FABRICATION A L'UNITÉ
La fabrication de ces carreaux à la fois solides et colorés se fait toujours de façon artisanale, car la main-d'œuvre ne peut être remplacée par des machines. Qu'ils soient unis ou à motifs, les carreaux sont toujours fabriqués à l'envers: si on les regarde de profil, on constate qu'ils sont constitués de deux épaisseurs appliquées successivement. La fabrication commence toujours par la partie colorée et se termine par l'épaisseur de ciment formant la semelle du carreau. Tout d'abord, la pâte de couleur est étalée au fond du moule, de façon uniforme pour les carreaux d'une seule teinte. Pour les modèles décorés d'un dessin, on insère dans le moule une pièce métallique, le diviseur, dont les compartiments forment un motif en séparant les couleurs. Ces petits compartiments sont remplis d'un mélange de sable, de silice pur, de ciment et de poudre de marbre.

Les colorants, aujourd'hui à base d'oxydes, permettent d'obtenir les jolies couleurs vives qui donnent à ce matériau toute sa séduction. La mixture colorée est introduite dans un cornet en métal, puis soigneusement répartie à la main en fonction du dessin choisi.Avant que la pâte ne soit totalement durcie, on retire le diviseur avec précaution et l'on stabilise la couche colorée par un saupoudrage de ciment blanc. Ce dernier absorbe l'humidité et évite que les couleurs ne bavent les unes sur les autres.
Il ne reste plus qu'à combler le moule avec un mélange de sable et de ciment légèrement humides.Cette semelle donne au carreau son épaisseur.Celui-ci est enfin passé sous une presse: compactés au maximum, la semelle de ciment et la surface colorée ne font plus qu'un et la dureté du produit se rapproche de celle du grès. Le carreau ne subit aucune cuisson. Son calibrage est donc parfait, car la technique de pressage ne lui fait subir ni retrait ni déformation. Il est simplement disposé dans des caisses en aluminium et mis à sécher à l'air libre pendant environ trois semaines.

Plus il sèche longtemps, plus il est solide et facile à poser. Autrefois, le séchage durait au moins une année, œ qui garantissait un produit totalement exempt d'humidité au moment de la pose.Les laitances contenues dans le ciment ne risquaient plus de remonter.
Aujourd'hui, les contraintes de rotation des stocks donnent des résultats dont la qualité n'est pas toujours satisfaisante.
Certaines entreprises précipitent un peu trop le proœssus du séchage. C'est pourquoi, au moment de l'achat, testez la solidité des carreaux en grattant un coin du bout des ongles. S'il s'effrite légèrement, c'est que le ciment est encore trop frais.
Pose et traitement
Contrairement à la terre cuite, il n'est pas recommandé de poser les carreaux au mortier traditionnel. Pour un rez-de-chaussée, le meilleur support - propre, plan et sec - est une chape de ciment posée sur une dalle de béton. En étage, l'ancien plancher ou carrelage doit recevoir un produit de ragréage (sorte d'enduit que l'on trouve dans toutes les grandes surfaces de bricolage) qui permet de faire disparaître les aspérités et les fissures et de rattraper le cas échéant un sol légèrement en pente. Une fois le support sec et propre, le plus simple estd'utiliser un mortier-colle en poudre ou prêt à l'emploi. L'étiquette doit spécifier qu'il s'agit d'un
produit convenant à la pose des carreaux de ciment; il faut,quoi qu'il en soit, le choisir dans la gamme des mortiers-colles épais. Avant de coller définitivement les carreaux, on fera un essai à blanc afin de mettre en place le calepinage souhaité. Ce type de carreaux offrant de nombreuses possibilités de dessins coordonnés et d'effets décoratifs très voyants, il importe de bien réussir l'assemblage. On procède exactement comme pour la terre cuite, en partant du centre de la pièœ (voir page 14). Les carreaux étant parfaitement calibrés, une pose avec des joints assez fins (compris entre 2 et 3 mm) est possible; c'est d'ailleurs l'un des charmes de ces carreaux.
On procède à un double encollage (on étale de la colle sur le revers du carreau et sur le sol) ; pour disposer d'une bonne épaisseur de colle au sol, il convient d'utiliser un peigne à grosses dents (10 mm).
Ensuite, il est important de procéder par ordre: quarante-huit heures après la pose, on passe un produit bouche-pores sur les carreaux secs et propres. Ce produit (dont la référenœ vous sera donnée par le vendeur des carreaux de ciment) permet d'éviter aux taches de pénétrer dans la surfaœ. En effet, ce matériau, par ses constituants, se rapproche du marbre et néœssite donc une protection.
Le lendemain, on peut répandre le lait de ciment servant à jointoyer. Une spatule en caoutchouc aide à le faire entrer correctement dans chaque joint. Vingt minutes après, quand la barbotine à commencé à prendre, il faut nettoyer les traces de coulis avec une éponge bien propre (comme pour la terre cuite, page17). Cette opération doit être réalisée sans attendre, car on ne pourra pas utiliser de produit acide ultérieurement. Si l'on s'occupe de l'imperméabilisation du carreau avant la réalisation des joints, on évite le problème des efflorescences, ces remontées de laitance de ciment sous forme de voile blanc qui recouvrent le sol
environ trois semaines après la pose.
Collage rapide
Dans certains cas, il est possible de coller les carreaux de ciment avec une résine.
Ce procédé ne convient que pour l'intérieur d'une maison. Il s'agit d'un produit beaucoup plus cher que le mortier colle, mais qui a l'avantage de coller en quelques heures et permet de réaliser les joints immédiatement. Il n'y a en effet dans ce cas aucune remontée de laitance. L'imperméabilisation et le pon-
çage s'effectuent ensuite.

Finitions et entretien
Malgré la poudre de marbre contenue dans sa pâte colorée, le carreau de
ciment présente un aspect légèrement rugueux. On peut parfaitment le laisser
dans cet état, mais il est aussi possible de satiner sa surface par un petit traitement supplémentaire: un peu d'huile de coude et du papier de verre très fin (de 00 à 000) suffisent pour frotter une petite surface de quelques mètres carrés.En revanche, pour une pièce entière, il est préférable d'utiliser une monobrosse équipée d'un disque abrasif (outil que l'on peut louer dans les magasins d'appareils professionnels). Le passage d'un abrasif permet
également de nettoyer une surface sur laquelle il reste encore quelques traces de barbotine laissées au
moment de la confection des joints. On passe ensuite une deuxième couche de produit bouche-pores, que l'on peut cette fois étaler également sur les joints. Il ne reste plus qu'à embellir les carreaux avec une cire incolore passée au chiffon. Cette opération est à renouveler une fois par an. Le nettoyage quotidien
s'effectue avec de l'eau additionnée de savon noir. Tout détergent ménager est proscrit.